Interview du milieu de terrain berruyer Baptiste Santamaria qui sort d’une grosse saison avec Angers SCO

Progression individuelle, bilan de la saison écoulée et actions solidaires durant le confinement, Baptiste Santamaria fait le point sur divers sujets.

À 25 ans, Baptiste Santamaria vient d’effectuer sa quatrième saison à Angers SCO, en Ligue 1. Le milieu de terrain berruyer, joueur le plus utilisé par Stéphane Moulin en championnat (seulement 14 minutes manquées), dresse le bilan d’un exercice tronqué par la pandémie de Covid-19, mais accompli sur le plan personnel.

Qu’allez-vous retenir de cette saison 2019-2020 ?

Elle a été tronquée en raison du Covid. Mais si on fait abstraction de cela, c’était une belle saison d’un point de vue individuel et collectif. Mon objectif était de faire une grosse saison et de continuer à progresser, c’est ce que j’ai réussi à faire. J’en suis satisfait.

Comment cette progression s’est-elle matérialisée ? Et comment vous y prenez-vous pour franchir des paliers ?

Elle s’est matérialisée avec de la confiance et du travail. J’aime bien analyser mes matchs et voir ce que j’ai fait de bien et de moins bien. J’essaye de m’appuyer sur ce que j’ai fait de bien pour continuer à bien le faire, et de peaufiner et travailler à l’entraînement ce que j’ai moins bien fait. Après, j’ai aussi les conseils du coach et des personnes qui m’entourent, notamment mon agent. Le fait d’être bien entouré et d’être à l’écoute me permet de gommer les petites imperfections et de m’améliorer

Comment se passe ce travail d’analyse ?

Pour un attaquant, on va regarder les buts qu’il met. Pour un défenseur, le nombre de ballons interceptés et les duels gagnés. Pour un milieu de terrain, on regarde ce qui est spécifique au poste : la récupération du ballon, les interceptions, mais aussi les passes. Il faut savoir quand son équipe a besoin de souffler, et dans ce cas-là, opter pour une passe latérale ou un changement de zone pour faire récupérer ses partenaires. Puis il y a les passes dans les intervalles pour tenter d’amener une occasion de but. Ce sont ces passes-là qu’on cherche. Des fois, on a tendance à jouer simple, trouver un partenaire à 10 ou 15 mètres, alors qu’on a la possibilité de faire une passe qui peut éliminer deux ou trois adversaires. En regardant à la vidéo, on se dit que la prochaine fois, il faudra faire cette passe-là, qui sera plus tranchante et déterminante pour l’équipe.

Avec un temps d’exécution relativement faible en match, le travail sur la visualisation est d’autant plus important…

Tout à fait. Et à l’entraînement, il faut se forcer à bien se positionner pour gagner du temps. Il faut voir avant, anticiper, faire le geste juste, prendre la bonne surface de contact pour contrôler le ballon… Ce sont plein de petits détails qui font gagner de précieux millièmes de seconde pour pouvoir enchaîner plus rapidement. Ce travail, je le fais depuis que je suis tout jeune. Déjà, quand on est en pôle espoirs, on travaille énormément les gammes, on s’autorise très peu d’échecs. Il faut bosser, bosser, bosser… Je travaille ça quasiment tous les jours. Ça devient des bases qui sont de plus en plus naturelles. Et cela me permet d’avoir peu de déchets. Même si on en a forcément car on est humain.

C’est à ce moment-là que la confiance dont vous parliez précédemment entre en compte pour prendre plus de risques ?

C’est exactement ça. La prise de risque est à double tranchant. Ce sont des passes plus déterminantes, par conséquent plus difficiles à réaliser. Quand ça passe, il y a une action de but et c’est super. Mais quand ça ne passe pas, ça se transforme en ballon perdu, et un milieu de terrain se doit d’en perdre très peu. Il faut donc réussir à progresser là-dessus, à être sûr de ses passes pour… qu’elles passent.

Sur le plan collectif, la progression s’est matérialisée par des ambitions qui sont devenues plus élevées qu’un simple maintien. Comment cela est-il venu ?

Avec le classement, tout simplement. Quand, au bout de dix journées, tu te retrouves sur le podium, tu te dis qu’il faut aller chercher rapidement le maintien. Et quand celui-ci est quasiment en poche à une quinzaine de journées de la fin, tu peux aller voir un peu plus haut.

Il devait y avoir un côté grisant à se retrouver sur le podium de Ligue 1. Comment viviez-vous ça ?

On ressentait de la satisfaction, car cela montrait qu’on travaillait tous bien, individuellement ou collectivement. C’est une récompense et ça permet de jouer avec davantage de confiance et de continuer à travailler avec sérénité. Après ce super début de saison, on a connu une période un peu plus compliquée durant laquelle on a manqué un peu de chance et de réalisme. Le contenu des matchs était bon, mais les résultats n’étaient pas forcément au rendez-vous. On a continué à travailler sans baisser les bras, et ça a payé. On a inversé cette tendance et les résultats sont revenus (Angers a finalement terminé à la 11e place, NDLR).

Le football, c’est notre passion et notre métier. Mais ce qui prime avant tout, c’est notre santé et celle de nos proches.

Plusieurs voix s’élèvent pour dire que le championnat a peut-être été arrêté trop tôt. Quelle est votre position sur ce sujet ?

On aurait aimé finir le championnat, mais le Gouvernement et la Ligue ont décidé de nous protéger, et je pense que c’est une bonne chose. Le football, c’est notre passion et notre métier. Mais ce qui prime avant tout, c’est notre santé et celle de nos proches.

Sur le plan physique, comment vous entretenez-vous ?

Quand la Ligue a indiqué que le championnat ne reprendrait pas, le club nous a mis au repos. Maintenant, c’est reparti. On a chacun une fiche individuelle pour remettre la machine en route. On est déjà tourné vers la saison prochaine, mais on y va crescendo après un mois d’arrêt. On va essayer de monter en régime afin d’être au top pour la reprise avec le groupe le 1er juillet.

Durant le confinement, vous avez pris part à plusieurs actions de solidarité. Était-ce quelque chose d’important pour vous ?

Bien sûr. Je pense que le confinement était difficile pour beaucoup de monde, et le fait de participer ou être à l’initiative de petites choses qui peuvent faire plaisir et rendre heureux les gens, ça me tenait à cœur.

Vous avez notamment initié une opération de distribution de repas. Comment l’idée vous est-elle venue ?

Cela s’est fait avec un ami restaurateur. On voulait faire un clin d’œil et montrer notre soutien à des personnes qui étaient au cœur du problème. Pas seulement dans les hôpitaux, aussi aux personnes auxquelles on ne pensait pas forcément, les éboueurs, les kinés, les personnes travaillant en Ehpad, à la Poste, etc. C’était un geste pour les remercier. Ils étaient tous super contents, objectif atteint ! Quand ça touche les gens, ça vous fait forcément plaisir. 

Propos recueillis par Ludovic Aurégan